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La valeur hors d'atteinte des maisons au Québec

Publié : 25 févr. 2026, 17:57
par cgelinas
Voici un texte de Marc Leblanc, publié le 25 février 2026...

On est en train de perdre nos maisons.
Pas parce qu’on ne travaille pas.
Pas parce qu’on gaspille.
Parce que le système nous dépasse.

Partout au Québec, les valeurs explosent.
Ta terre agricole.
Ton lot à bois.
La maison où tes enfants ont grandi.
Le chalet où ton père t’a appris à pêcher.

Tout monte.

Sur papier, tu vaux plus que jamais.
Dans la vraie vie, tu as peur d’ouvrir ton compte de taxes.

Tu as travaillé 30 ans.
40 ans.
Tu as payé ton hypothèque.
Tu as entretenu.
Tu as réparé.
Tu as planté des arbres que tu ne verras peut-être jamais matures.

Et maintenant, on t’explique que ta propriété vaut le double.
Le triple.

Mais ton revenu, lui, n’a pas triplé.

Ce n’est pas toi qui as spéculé.
Ce n’est pas toi qui as fait monter la bulle.
Ce n’est pas toi qui as décidé que les régions deviendraient des terrains de jeu pour investisseurs.

Et pourtant, c’est toi qui paies.

On te dit :
« Tu es riche. »

Riche de quoi ?
Riche d’une valeur que tu ne veux même pas encaisser.
Riche d’un million sur papier…
mais incapable de transmettre sans étouffer tes enfants avec les taxes et l’impôt.

On a travaillé toute notre vie
pour laisser quelque chose.
Pas pour forcer nos enfants à vendre.

Quand la transmission devient un luxe,
ce n’est plus de l’économie.
C’est une dépossession lente.

Un peuple qui ne peut plus transmettre
finit par se déraciner.

Et un peuple déraciné
devient toujours plus facile à déplacer.

Alors la vraie question n’est plus :
« Est-ce que ça vaut plus ? »

La vraie question, c’est :
Est-ce qu’on accepte que nos enfants soient forcés de vendre
ce que nos parents ont bâti ?
Ou est-ce qu’on décide, collectivement,
que la transmission vaut plus que la spéculation ?

Vous le vivez ?
Vous le voyez autour de vous ?
Vous proposez quoi, concrètement ?


— Marc Leblanc


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