Me André Lafrance: Le pouvoir des citoyens de dire non à TES Canada en Mauricie
Publié : 06 avr. 2026, 11:46
Le 5 avril 2026, "André Lafrance, page publique" a publié ceci...
Absolument d'accord, les citoyens doivent dire NON à ce qu'ils ne veulent pas, à commencer avec les vire-vents toxiques de la déception mondialiste du nivèlement vers le bas, en toutes choses.
Incluant en matière de production d'énergie qui tourne essentiellement à vide dans le cas des éoliennes, lourdement favorisées ou subventionnées, d'une manière ou d'une autre, par les fonds publics (notamment quand Hydro-Québec achète cette électricité BEAUCOUP TROP CHER).
Il y a un agenda éolien contre nous.
Le dénoncer et le refuser nous appartient alors agissons en conséquence.
Références supplémentaires
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Le pouvoir des citoyens de dire non à TES Canada en Mauricie
Par Me André Lafrance
Saint-Bernard-de-Lacolle, 5 avril 2026
Il y a des moments où une société doit cesser de débattre à l’infini et revenir à une question simple. Le projet de TES Canada en Mauricie en est un parfait exemple. La question n’est pas seulement technique. Elle n’est pas seulement environnementale. Elle est d’abord démocratique. Les citoyens veulent-ils, oui ou non, de ce projet chez eux?
Il faut ici apporter une précision essentielle. Le projet de TES Canada en Mauricie n’est pas, à proprement parler, un projet conçu pour alimenter le réseau public d’Hydro-Québec comme dans les appels d’offres éoliens classiques. TES Canada présente plutôt son Projet Mauricie comme un projet privé de production d’hydrogène vert à Shawinigan, alimenté par de l’électricité renouvelable, avec un parc d’autoproduction combinant éoliennes et panneaux solaires. L’entreprise dit vouloir produire jusqu’à 70 000 tonnes d’hydrogène vert et utiliser une partie importante de cette production pour fabriquer du gaz naturel renouvelable de synthèse, soit du e-NG, à partir d’hydrogène et de CO2 recyclé.
Autrement dit, nous ne sommes pas ici devant le modèle classique où Hydro-Québec achète directement l’électricité d’un parc éolien retenu dans un appel d’offres pour l’intégrer à son réseau. Nous sommes devant un modèle d’autoproduction industrielle destiné à alimenter une usine privée. TES Canada affirme d’ailleurs que la majorité des besoins énergétiques du projet seraient couverts par son propre parc d’environ 1 GW en éolien et solaire et que ces actifs doivent justement réduire l’électricité tirée du réseau d’Hydro-Québec. Il est donc raisonnable d’en déduire qu’un projet de cette nature retire à Hydro-Québec une part de consommation industrielle qu’elle aurait autrement pu fournir elle-même.
Cela ne signifie pas que la question économique disparaît. Bien au contraire. Même si TES Canada ne s’inscrit pas dans le même mécanisme contractuel que les grands appels d’offres d’Hydro-Québec, le débat de fond demeure. Le Québec possède déjà une électricité patrimoniale d’origine hydraulique dont le coût moyen était évalué à 3,59 cents le kilowattheure en 2025, alors que les approvisionnements postpatrimoniaux coûtaient en moyenne 12,66 cents le kilowattheure, soit presque quatre fois plus cher. C’est précisément ce contraste qui nourrit, depuis des années, la contestation des nouveaux développements éoliens industriels au Québec.
Dans le cas de TES Canada, l’argument doit toutefois être reformulé avec rigueur. Ce projet ne pèserait pas de la même façon sur la rentabilité du réseau d’Hydro-Québec qu’un parc éolien vendu à prix élevé au distributeur public. Mais il soulève une autre question tout aussi importante. Lorsqu’une grande industrie choisit ou obtient les moyens de s’alimenter en autoproduction, Hydro-Québec perd potentiellement une clientèle industrielle importante. Or, ces projets industriels dits verts évoluent dans un environnement public où existent déjà des crédits d’impôt fédéraux très substantiels pour l’hydrogène propre. Le gouvernement du Canada prévoit en effet un crédit d’impôt remboursable pour l’hydrogène propre dont le taux peut atteindre jusqu’à 40 pour cent des coûts admissibles selon l’intensité carbone du projet.
Il faut aussi remettre les choses en perspective quant aux appels d’offres. Hydro-Québec a lancé un appel d’offres majeur pour 1 500 MW d’énergie éolienne, dont les résultats ont été rendus publics en janvier 2024. Ce type de mécanisme illustre bien comment l’intégration de l’éolien au réseau public repose sur des engagements contractuels à long terme.
C’est pourquoi il faut éviter les raccourcis sans pour autant abandonner le cœur de la critique. Au Québec, il existe plusieurs formes d’approvisionnement ou d’autonomie électrique hors du schéma unique d’Hydro-Québec. Hydro-Sherbrooke assure la production et la distribution d’électricité à Sherbrooke. Hydro-Magog existe également comme service municipal d’électricité. Dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Rio Tinto exploite par ailleurs plusieurs installations hydroélectriques pour ses opérations d’aluminium. Hydro-Québec demeure de loin l’acteur dominant, mais elle n’est pas le seul modèle existant au Québec.
Il faut toutefois ajouter un élément déterminant qui éclaire la situation en Mauricie. L’entente conclue entre TES et la MRC de Mékinac démontre que le projet est déjà structuré dans une logique d’intégration territoriale plutôt que de remise en question. Le promoteur y demeure seul responsable de l’implantation, du développement et de l’exploitation du projet, tandis que les mécanismes mis en place pour le milieu n’ont aucun pouvoir décisionnel réel. Les comités de suivi et de liaison prévus ne servent pas à débattre du bien-fondé du projet, mais uniquement à en faciliter l’insertion. Autrement dit, le cadre est déjà orienté vers la réalisation du projet, et non vers sa contestation.
Cette entente repose en outre sur un principe fondamental qui doit être clairement nommé. L’acceptabilité sociale y est encadrée par des mécanismes financiers. Contributions annuelles, compensations liées à la puissance installée et possibilité pour la MRC d’investir elle-même dans le projet créent une dynamique où le territoire est progressivement intégré au projet plutôt que protégé contre celui-ci. Ce type de structure ne renforce pas le pouvoir citoyen, il le contourne.
Cela dit, qu’il s’agisse d’un parc éolien destiné au réseau public ou d’un parc éolien privé destiné à alimenter une usine particulière, la vraie question demeure la même. Les citoyens veulent-ils de telles installations sur leur territoire? C’est là que le débat redevient simple. Les promoteurs veulent toujours déplacer la discussion vers la technique, les compensations, les retombées, les emplois, les mesures d’atténuation. Pourtant, la question démocratique précède toutes les autres. Une population n’a pas à se justifier longuement pour refuser la transformation durable de son paysage, de ses terres agricoles, de ses milieux forestiers ou de son cadre de vie.
L’exemple de Grosse-Île aux Îles-de-la-Madeleine illustre parfaitement cette réalité. Le projet de parc éolien de Grosse-Île fait actuellement l’objet d’un examen public devant le BAPE et prévoit une puissance contractuelle de 16,8 MW dans la communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Il est notamment porté par un partenariat impliquant la coopérative Nutrinor, un acteur du milieu agricole regroupant des producteurs membres liés à l’Union des producteurs agricoles. Cette situation soulève une contradiction importante alors même que l’UPA a exprimé à plusieurs reprises des réserves sérieuses, voire une opposition au développement éolien sur les terres agricoles. Ce mélange des rôles alimente les interrogations sur la cohérence des positions et sur les intérêts réellement en jeu dans ce type de projet.
C’est exactement la même logique qui devrait s’appliquer en Mauricie. Qu’un projet soit conçu pour vendre de l’électricité au réseau public ou pour alimenter une usine privée de production d’hydrogène et de e-NG, son impact territorial reste immense. Des dizaines, voire plus d’une centaine d’éoliennes, des emprises, des chemins d’accès, des lignes de raccordement, des atteintes au paysage, des effets sur l’occupation du territoire et une transformation durable du milieu ne deviennent pas acceptables simplement parce qu’on les présente sous l’étiquette de la transition énergétique.
Voilà pourquoi il faut cesser de chercher des détours. Dans tous les projets de cette ampleur, qu’il s’agisse d’éoliennes industrielles ou de vastes champs de panneaux solaires, la population devrait être consultée par référendum décisif. Pas une consultation de façade. Pas un exercice symbolique. Pas un référendum consultatif qu’on pourra contourner ensuite. Un référendum décisif. Une question claire. Oui ou non. Et une réponse qui lie réellement les décideurs.
C’est précisément là que certains mouvements citoyens eux-mêmes commettent une erreur stratégique majeure. Le collectif Maître chez nous, malgré un nom évocateur, s’inscrit trop souvent dans une logique de justification plutôt que dans une affirmation claire du refus. En invoquant des arguments comme l’incompatibilité du territoire avec le projet, il ouvre la porte au promoteur, qui n’a alors qu’à démontrer le contraire, à ajuster le projet, à négocier, à compenser, et ultimement à contourner l’opposition.
Plus grave encore, en affirmant ne pas être opposé à l’éolien en soi, ce type de discours valide le principe même du développement et transforme l’opposition en simple discussion sur les conditions d’implantation. Or, dans un rapport de force réel, ce déplacement du débat est déterminant. Il fait passer le refus du terrain des principes à celui des compromis.
Or, le véritable levier démocratique ne réside pas dans la multiplication d’arguments techniques. Il réside dans le refus pur et simple. Le pouvoir de dire non sans explication ferme toute possibilité de récupération par le promoteur. Il ne laisse aucun angle. Aucune brèche. Aucune négociation possible.
Le fait pour ce même collectif de s’associer à des figures politiques expérimentées comme Martine Ouellet de Climat Québec affaiblit également sa position. Cela politise inutilement un enjeu qui devrait demeurer fondamentalement citoyen et local, et expose le mouvement à des attaques qui détournent le débat de son cœur réel.
Le problème de fond est là. Trop souvent, les autorités municipales ou régionales commencent à discuter de compensations, de bénéfices communautaires ou d’arrangements avec les promoteurs avant même d’avoir obtenu un mandat clair de la population. À partir de ce moment, la confiance s’effrite. Le citoyen comprend que la décision n’est plus totalement libre, parce qu’un appareil politique ou administratif s’est déjà engagé dans une logique d’accommodement avec le promoteur.
Il faut renverser cette logique. Le territoire n’appartient pas d’abord aux promoteurs, ni aux technocrates, ni aux élus qui veulent négocier avant d’avoir consulté. Il appartient d’abord à ceux qui y vivent. Et ceux-ci doivent avoir le dernier mot.
Le pouvoir des citoyens de dire non ne dépend pas du modèle d’affaires du promoteur. Il ne dépend pas du fait que l’électricité alimente Hydro-Québec ou une usine privée. Il ne dépend pas non plus de l’habileté des industriels à emballer leur projet sous des termes séduisants comme hydrogène vert, e-NG, transition énergétique ou décarbonation. Ce pouvoir existe en lui-même.
Il est au cœur de la démocratie locale.
Dans le dossier de TES Canada en Mauricie comme dans celui de Grosse-Île, la vraie question n’est donc pas de savoir comment mieux faire accepter le projet. La vraie question est de savoir si la population concernée le veut réellement. Si la réponse est non, cela devrait suffire.
Le pouvoir des citoyens de dire non sans être obligés d’expliquer pourquoi doit redevenir la règle. Pour les éoliennes industrielles. Pour les grands champs solaires. Pour tous les projets énergétiques majeurs qui marquent un territoire de façon durable.
C’est ce principe qu’il faut défendre. Pas demain. Maintenant.
Absolument d'accord, les citoyens doivent dire NON à ce qu'ils ne veulent pas, à commencer avec les vire-vents toxiques de la déception mondialiste du nivèlement vers le bas, en toutes choses.
Incluant en matière de production d'énergie qui tourne essentiellement à vide dans le cas des éoliennes, lourdement favorisées ou subventionnées, d'une manière ou d'une autre, par les fonds publics (notamment quand Hydro-Québec achète cette électricité BEAUCOUP TROP CHER).
Il y a un agenda éolien contre nous.
Le dénoncer et le refuser nous appartient alors agissons en conséquence.
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- https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-vo ... index.html
- https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/21 ... ac-chenaux
- https://www.tvanouvelles.ca/2025/03/31/ ... es-chenaux
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