Lettre à Paul Larocque
J'ai lu, hier, le message que Sylvia Alma Deschênes a publié sur Facebook concernant Paul Larocque, Patrick Lagacé, Sylvain Bouchard et quelques autres Je ne veux pas reprendre les mots de Sylvia.
Son excellent texte m'a juste rappelé que le silence, les angles biaisés et les attaques faciles de certains journalistes méritent d'être dénoncés. Ce message m'a interpellé.
Ces chroniqueurs et journalistes nous disent d’en revenir et ils continuent de nous traiter d’antivax et de complotistes.
J'ai donc décidé, moi aussi, de m'adresser à Paul Larocque. On l'a vu faire avec un médecin, puis avec Éric Duhaime : il cherchait à les coincer, pas à les écouter.
Voici ma lettre :
Monsieur Larocque,
Je vous écris parce qu’il devient franchement difficile de comprendre dans quel univers médiatique vous vous êtes enfermé. Depuis des années, vous et quelques-uns de vos collègues répétez le mot antivax comme un mantra, un outil paresseux pour classer tous ceux qui n’ont pas obéi à la consigne. Aucune nuance, aucune réflexion, aucune curiosité. Juste une étiquette pratique pour éviter d’avoir à écouter. Pour un journaliste, c’est un raccourci qui frôle l’abdication intellectuelle.
On vous a vu à l’œuvre : coincer un invité semble être votre sport favori. Écouter? Jamais. Comprendre? Encore moins. Vous avez transformé le débat public en ring où vous distribuez des verdicts moraux à ceux qui ne pensent pas comme vous. Ce n’est plus du journalisme, c’est du tri sélectif.
Et puisque vous semblez si fier de votre filtre idéologique, permettez-moi une question : comment se fait-il que vous n’ayez jamais mentionné l’enquête Allison ni l’enquête nationale citoyenne de 2023? Des centaines de témoignages de Canadiens blessés, des experts, des analyses, des récits bouleversants. Deux événements majeurs… et dans votre monde, ils n’existent tout simplement pas. Pas un mot. Pas une référence. Rien.
Je ne vous accuse de rien. Je constate seulement que votre silence est si massif qu’il finit par ressembler à une stratégie. Quand un journaliste ignore systématiquement une réalité, ce n’est plus un oubli : c’est un choix. Et ce choix en dit long sur ce que vous considérez digne d’être montré au public.
Votre réflexe de coller l’étiquette ‘’extrême droite’’ à quiconque ne s’aligne pas sur votre vision est devenu presque comique. Vous dénoncez les extrêmes en adoptant vous-même une posture rigide, hostile, incapable de tolérer la moindre divergence. Vous avez la tribune, le micro, l’influence… mais vous n’avez plus la capacité de représenter l’autre moitié du pays autrement qu’en la caricaturant. C’est un manque de respect pour votre métier, et pour le public que vous prétendez informer.
Avez-vous vu The Shot? J’en doute. Voici le lien :
https://www.youtube.com/watch?v=6T0tgg37UWA
Si ce documentaire ne vous ébranle pas, alors je me demande ce qu’il reste de l’empathie que votre profession exige. Peut-être que le confort de votre position médiatique a fini par anesthésier ce qui vous rendait humain.
Vous affirmez informer. Pourtant, vous refusez obstinément de toucher à des réalités qui dérangent votre cadre. Informer, ce n’est pas choisir les citoyens qui méritent d’être entendus. Informer, c’est accepter que la société est plus vaste que vos catégories simplistes.
L’histoire retiendra ceux qui ont contribué à diviser, à ridiculiser, à effacer une partie de la population. Elle retiendra aussi ceux qui ont choisi le silence quand il aurait fallu écouter. Et dans votre cas, ce silence est devenu votre signature. Il parle plus fort que tout ce que vous dites à l’écran.
Source: Alain Patenaude, dans Facebook
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