Cet échange est fascinant jusqu'à la fin.
Le libéral Frédéric Beauchemin fait remarquer au ministre de l'Économie qu'il est déjà arrivé que le gouvernement rende publics des rapports de consultants. Alors pourquoi pas ceux de KPMG et McKinsey? Mais Pierre Fitzgibbon ne cède pas.
Et la suite...
Le porte-parole libéral en Économie Frédéric Beauchemin demande à Pierre Fitzgibbon si les rapports produits par KPMG et McKinsey peuvent être rendus publics?
«Non», répond le ministre.
Le contexte est expliqué ici mais voici l'essentiel...
Un mystérieux contrat avec McKinsey au ministère de l’Économie du Québec
Le contrat de 4,7 millions de dollars intrigue les fonctionnaires par les secrets qui l’entourent et ses similitudes avec un mandat déjà confié à une autre firme.
Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec dénonce les zones d'ombre dans le contrat effectué par la firme McKinsey pour aider la province à relancer son économie à la suite de la pandémie de COVID-19. Ils affirment avoir été ignorés et remettent en question les détails cachés au public.
C’était vraiment un dossier dont le gouvernement ne voulait pas qu’on parle, raconte l'ex-présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) Line Lamarre, qui a formulé des critiques, en 2021, qui sont vite remontées au bureau du premier ministre.
Deux contrats très semblables
Le 8 juillet 2021, le sous-ministre au ministère de l'Économie du Québec David Bahan signe un contrat avec McKinsey dont le mandat est d’effectuer la revue des initiatives gouvernementales développées pour stimuler la croissance économique du Québec au cours des prochaines années.
Il est aussi demandé au cabinet-conseil une revue des pratiques suivies ailleurs dans le monde en pareille matière.
Au même moment prend fin un mandat confié à la firme KPMG à qui le ministère avait demandé, cinq mois plus tôt, de déterminer les objectifs visés par les efforts de relance post-pandémie, et, entre autres, de recenser les tendances internationales dans les domaines ciblés.
Les deux mandats sont similaires et les points communs ne s'arrêtent pas là.
KPMG et McKinsey avaient participé au même appel d'offres, remporté par la première. KPMG avait soumissionné à un prix de 1 million de dollars, alors que McKinsey, candidate défaite, demandait 1,7 million.
Quelques mois plus tard, McKinsey avait toutefois obtenu un contrat de gré à gré, pour 1,75 million de dollars, pour réaliser le mandat comparable.
L’idée de demander à deux entreprises (ou même à plus de deux) des moyens de revitaliser l’économie du Québec ne me préoccupe pas trop, dit l'économiste indépendant Jean-Pierre Aubry. Ce qui me préoccupe le plus, c’est que ces deux contrats n’ont pas été octroyés en même temps, ajoute l'ancien associé du CIRANO et de la Banque du Canada.
L'économiste se demande si le ministère était insatisfait du travail réalisé par KPMG. Nous pouvons confirmer [...] que le travail a été achevé, nous dit la firme.
Quant à McKinsey, elle nous répond : Nous ne sommes pas en mesure de fournir de commentaires sur les processus gouvernementaux.
Interrogé sur les ressemblances entre les deux mandats, le porte-parole du ministère de l'Économie, Jean-Pierre d'Auteuil, nous répond que la portée du mandat accordé à McKinsey était beaucoup plus large que pour le mandat de KPMG, et sur un horizon de moyen terme.
« Comme il était nécessaire qu’une feuille de route soit établie à très brève échéance, le ministère a octroyé de gré à gré le contrat à McKinsey & Compagnie Canada après avoir obtenu l’autorisation du Conseil des ministres. »
— Une citation de Jean-Pierre d'Auteuil, porte-parole du ministère de l'Économie du Québec.
La suite ici...
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