Tout le mégaplan de Michael Sabia de près de 200 milliards $ d’investissements pour produire 200 TWh d’électricité, incluant 1 500 éoliennes, d’ailleurs responsable de la décote du Québec, reposait sur une pure fiction.
Cette semaine, on apprenait que, sur les 257 demandes d’électricité industrielle totalisant 200 TWh, pas moins de 145 TWh ont été abandonnés par les promoteurs eux-mêmes. À peine 6 TWh ont été acceptés (comprenant Northvolt), une quinzaine refusés et une quarantaine en analyse. On peut penser qu’une bonne partie de ces derniers sera rejetée en considérant l’intérêt public et la solidité des plans d’affaires.
Comment un PDG d’Hydro-Québec peut-il avoir bâti une stratégie aussi massive sur des projections aussi bancales? Incompétence? Ou stratégie délibérée?
LA FAUSSE PÉNURIE, LE VRAI PLAN: PRIVATISER L'ÉLECTRICITÉ QUÉBÉCOISE
Et si, plutôt que de l’incompétence, il s’agissait d’une stratégie bien orchestrée pour accélérer la privatisation de la production d’électricité, au profit des Power corporation (TES Canada / France Chrétien Desmarais), Rio Tinto et autres grosses corporations? Ce qui s’est déroulé ici ne ressemble en rien à une erreur de jugement. Cela ressemble drôlement à une manœuvre politique calculée. Et quoi de plus efficace que de fabriquer un sentiment de crise imminente pour faire passer en douce un vaste plan de privatisation?
Il faut savoir que Michael Sabia est un spécialiste de la question : Privatisation du CN sous Jean Chrétien, privatisation du transport avec le REM, Banque d’infrastructure du Canada pour financer la privatisation des services publics, et aussi mise en place à Ottawa de généreuses subventions aux producteurs privés d’énergie renouvelable.
Même s’il n’avait aucune expertise reconnue dans le secteur de l’électricité, Michael Sabia a été nommé à la tête d’[urlhttps://www.hydroquebec.com/residentiel/]Hydro-Québec[/url]. Derrière ses discours rassurants, son court passage aura suffi pour lancer plusieurs mégaprojets privés. Hydro y sert de paravent, comme acheteur ou actionnaire, mais ce sont des entités privées qui en feront l’exploitation, guidées par le profit, non par l’intérêt public.
L’État y perdra le contrôle… et des milliards $.
Sabia aura aussi accompagné la CAQ du début à la fin dans l’adoption du projet de loi 69, véritable charpente législative de la privatisation de l’électricité, contribuant à redéfinir en profondeur le rôle d’Hydro-Québec au profit du secteur privé.
ET ENSUITE... ACCROÎTRE L'EMPRISE D'OTTAWA
Son départ vers l’équipe de Carney, ancien PDG de Brookfield, géant de l’énergie privé, lui permettra de passer à l’étape supérieur: accroître l’emprise d’Ottawa sur l’électricité québécoise. L’entente sur Churchill Falls, particulièrement avec la demande à Carney de financer la ligne de transport, donnerait un important droit de regard à Ottawa sur un axe énergétique stratégique bien québécois.
Car soyons clairs: qui contrôle l’électricité contrôle l’économie. Et qui contrôle l’électricité, contrôlera aussi l’intelligence artificielle.
La vraie question est là: allons-nous laisser une poignée d’oligarques et leurs exécutants politiques décider de notre avenir? Ou allons-nous reprendre le contrôle de notre énergie, de notre économie… et de notre destin? »
Martine Ouellet
Ancienne ministre des Ressources naturelles
Aussi, Martine Ouellet dénonce le bâillon caquiste pour faire passer le projet de loi 69 qui a maintenant été adopté... par la CAQ qui n'a pas de rigueur pour protéger les intérêts des Québécois.
On assiste à la privatisation de l'électricité, au Québec, contrairement à ce qu'Hydro-Québec était censée prévenir.
Michael Sabia est un "expert" en privatisation, depuis le jour 1 et encore aujourd'hui, il concentre la richesse entre les mêmes mains, loin des intérêts du peuple québécois.
Comme le dit Martine, le pouvoir citoyen est plus fort que l'argent et j'ajoute, en autant que l'on s'en prévale.
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