On n’est plus chez soi, même chez soi.
Un inspecteur de la Ville de Lévis est passé aujourd'hui dans un secteur résidentiel très boisé pour signaler qu’il y avait trop de stationnement et pas assez de verdure sur un terrain. Rien de dramatique en apparence mais tout de même révélateur...
On paie pour notre terrain, on paie pour notre maison, on paie des taxes municipales salées chaque année mais au final on dirait qu’on loue notre propre vie à l’État.
Même dans sa propre cour, il faut désormais demander la permission. Trop d’asphalte? Pas assez d’arbres? Une clôture trop haute ou un cabanon mal placé? L’inspecteur débarque, bloc-notes à la main, prêt à te dire comment vivre chez toi.
C’est là qu’on réalise quelque chose de troublant qu'on n’est plus vraiment propriétaire, on est gestionnaire de quelque chose que la Ville se réserve le droit de contrôler. Les décisions qu’on croyait personnelles deviennent des affaires publiques. Ton gazon, ton cabanon, ton stationnement, ton arbre qui manque… tout est maintenant soumis à des règlements décidés par d’autres et souvent sans consultation réelle.
La liberté qu’on croyait avoir dans notre propre cour s’effrite lentement, étouffée par des normes, des zonages, des codes et des « bons principes d’aménagement ». On nous parle de bien commun, de verdissement, d’environnement mais rarement de bon sens ou de respect de la liberté individuelle.
Chez soi, maintenant, c’est devenu un territoire surveillé. Chaque décision qu’on y prend devient un acte bureaucratiquement encadré. Ce n’est pas juste frustrant, c’est révélateur d’une société où la propriété privée n’est plus tout à fait privée et où les citoyens doivent de plus en plus se battre pour simplement vivre à leur façon sur leur propre terrain.
Il faut couper ces chaînes que nous avons laissées s’attacher autour de notre cou.
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