Le projet Vianode: Une usine de graphite synthétique au Canada, mais à quel prix pour les Canadiens?

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cgelinas
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Le projet Vianode: Une usine de graphite synthétique au Canada, mais à quel prix pour les Canadiens?

Message par cgelinas »

Le Canada, riche en ressources naturelles et en potentiel industriel, se positionne de plus en plus comme un acteur clé dans la transition énergétique mondiale.

Cependant, certains projets soulèvent des questions légitimes sur leurs bénéfices réels pour les citoyens canadiens.

C'est le cas du projet Vianode, une usine de production de graphite synthétique annoncée récemment en Ontario.


Dangers pour la santé:


Bien que présenté comme une avancée pour l'industrie des batteries électriques, ce projet soulève des préoccupations économiques et sanitaires majeures.

Examinons à quoi servira cette "mine" – en réalité une usine de transformation – pourquoi elle représente une mauvaise décision économique pour les Canadiens, en particulier en raison de ses propriétaires étrangers et les dangers pour la santé liés au graphite.


À quoi servira l'usine Vianode?

Le projet Vianode n'est pas une mine traditionnelle exploitant du graphite naturel mais une usine de production de graphite synthétique, un matériau essentiel pour les batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques (VE), les systèmes de défense, les semi-conducteurs, la production d'acier et même les réacteurs nucléaires.

Selon les annonces officielles, cette installation vise à combler une vulnérabilité critique dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, où la Chine contrôle plus de 80 % de la production de graphite.

L'usine, située à St. Thomas, en Ontario sud-ouest, aura une capacité annuelle de 150 000 tonnes, suffisante pour alimenter environ deux millions de VE par an.

Le graphite synthétique est produit à partir de matières premières comme le coke de pétrole, via un processus de graphitisation à haute température.

Ce projet s'inscrit dans la stratégie canadienne de diversification des minéraux critiques, soutenue par le G7.

L'annonce officielle a eu lieu le 20 novembre 2025, par le gouvernement de l'Ontario et Vianode.

Le PDG de Vianode, Burkhard Straube, a déclaré: « Nous comblons une des plus grandes vulnérabilités de nos économies et de nos sociétés dans le domaine des minéraux critiques. » Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a ajouté: « Je crois que c'est l'avenir. Je crois vraiment au secteur des véhicules électriques. C'est la direction que nous prenons. C'est la direction que le monde prend. »

La construction se fera par phases, avec une production prévue pour démarrer vers 2027-2028, similaire au projet voisin de PowerCo (filiale de Volkswagen), qui a reçu plus de 13 milliards de dollars en subventions fédérales.

Vianode promet la création de jusqu'à 1 000 emplois une fois opérationnelle, ce qui est mis en avant comme un atout économique local.


Pourquoi c'est une mauvaise décision économique pour les Canadiens

Malgré ces promesses, le projet Vianode représente une opportunité manquée pour le Canada et une décision économique discutable, principalement en raison de son contrôle par des intérêts étrangers.

Vianode est une entreprise norvégienne, initialement une filiale d'Elkem (une société norvégienne détenue par China National Bluestar jusqu'à son retrait en mars 2024).

Aujourd'hui, après plusieurs transactions, les actionnaires principaux sont Norsk Hydro (environ 19,9 % depuis octobre 2024, une entreprise norvégienne partiellement détenue par l'État norvégien) et Altor Equity Partners (un fonds d'investissement suédois, détenant le reste après des ajustements en septembre 2024).

Aucun actionnariat canadien significatif n'est impliqué, ce qui signifie que les profits générés par cette usine – potentiellement des milliards sur le long terme – iront majoritairement à l'étranger plutôt que de rester au Canada.

Le montant en jeu est colossal: Vianode investit 3,2 milliards de dollars canadiens dans le projet mais l'Ontario accorde un prêt pouvant atteindre 670 millions de dollars, sans subvention directe du gouvernement fédéral (contrairement à d'autres projets comme PowerCo).

Ce prêt, annoncé le 20 novembre 2025, est justifié par la création d'emplois mais il pose un risque: si l'entreprise rencontre des difficultés – comme en avril 2025, lorsque le fédéral a rejeté un plan similaire à Windsor – les contribuables canadiens pourraient en payer le prix via des pertes sur ce prêt.

Pourquoi le Canada finance-t-il des entreprises étrangères au lieu de soutenir ou de créer des entités nationales?

Des entreprises canadiennes comme Nouveau Monde Graphite ou Northern Graphite pourraient être encouragées à développer des projets similaires, gardant les technologies, les emplois qualifiés et les revenus fiscaux au pays.


Au lieu de cela, nous assistons à une "colonisation économique" où des ressources et des infrastructures canadiennes profitent à des actionnaires norvégiens et suédois.


Sur le plan plus large, ce projet s'inscrit dans un paquet de 6,4 milliards de dollars annoncé par le Canada le 31 octobre 2025 pour 26 investissements en minéraux critiques.

Pourtant, en laissant des étrangers dominer, le Canada rate l'occasion de bâtir une souveraineté économique.

Comme l'a noté un commentateur sur un forum local (chaudiere.ca, 21 novembre 2025): « Encore des étrangers qui viennent prendre possession de nos ressources canadiennes... on s'enfonce encore un peu plus. » Cette dépendance à des investissements étrangers affaiblit la position du Canada dans la course mondiale aux minéraux critiques, où nous pourrions être leaders plutôt que suiveurs.


Les dangers pour la santé liés au graphite

Au-delà des aspects économiques, le projet Vianode soulève des inquiétudes sanitaires liées à la manipulation du graphite, même synthétique.

Bien que le graphite ne soit pas intrinsèquement toxique, sa production et sa transformation génèrent de la poussière fine qui peut être inhalée, entraînant des risques respiratoires graves.

Des études, comme celle publiée par l'USGS en 2017, indiquent que l'inhalation prolongée de poussière de graphite peut causer la pneumoconiose (ou "graphitose"), une maladie pulmonaire similaire à la silicose, avec des symptômes comme la toux, l'essoufflement et, dans des cas extrêmes, des lésions pulmonaires permanentes.

Une revue de 2024 dans *Occupational Medicine* met en garde contre les risques occupationnels et environnementaux des métaux et matériaux pour batteries lithium-ion, incluant le graphite.

Pour le graphite synthétique spécifiquement, des recherches (comme celle de l'OSHA en 2021) associent des expositions rares mais possibles à des pneumoconioses, particulièrement lors de la production à haute échelle où la poussière est omniprésente.

Une étude de 2024 dans *Environmental Research* sur le graphite usagé met en évidence des impacts potentiels sur la santé humaine via des extractions toxiques.

De plus, la production implique des processus chimiques et thermiques qui peuvent libérer des émissions, augmentant les risques d'irritation oculaire, de douleurs thoraciques et même, selon une analyse de 2025 sur graphite-corp.com, de cancers liés à certains types de poussière de graphite.

Dans un contexte local, des résidents québécois ont protesté contre des projets de graphite naturel (comme celui de Nouveau Monde Graphite en 2024), craignant la contamination environnementale et sanitaire.

À St. Thomas, sans mesures strictes, les travailleurs et les communautés avoisinantes pourraient être exposés, surtout avec une capacité de 150 000 tonnes par an.

Le Canada devrait prioriser la santé publique plutôt que d'accueillir des projets étrangers potentiellement risqués.


Le temps d'une souveraineté canadienne

Le projet Vianode, annoncé le 20 novembre 2025 avec un investissement de 3,2 milliards de dollars et un prêt ontarien de 670 millions, promet des avancées dans les minéraux critiques.

Pourtant, sous la direction de Burkhard Straube et avec des propriétaires comme Norsk Hydro et Altor, il illustre une mauvaise décision: les Canadiens financent des étrangers au lieu de bâtir leurs propres industries, exposant potentiellement la population à des risques sanitaires comme la pneumoconiose due à la poussière de graphite.

Il est temps que le gouvernement fédéral et provincial s'organisent pour que de tels projets restent canadiens, protégeant ainsi notre économie et notre santé.

Sinon, nous risquons de devenir un simple terrain de jeu pour des intérêts étrangers.



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Pièces jointes
Source: https://www.investontario.ca/press-release/vianode-plans-build-north-americas-first-large-scale-clean-synthetic-graphite-plant-ontario
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Source: https://www.vianode.com/
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Claude Gélinas . Administrateur . Éditeur
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