BlackRock veut faire disparaître la propriété immobilière résidentielle

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cgelinas
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BlackRock veut faire disparaître la propriété immobilière résidentielle

Message par cgelinas »

BlackRock, avec environ 10 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, est devenu un acteur majeur de l’immobilier résidentiel en Amérique du Nord et en Europe, ce qui pose des risques sérieux pour l’accès à la propriété des classes moyennes et pour la souveraineté des politiques publiques.


Au Canada et plus largement en Occident, la montée en puissance de ces « méga‑propriétaires » financiers soulève des questions de conflits d’intérêts, notamment lorsque les gouvernements, dont celui d’Ottawa, travaillent étroitement avec BlackRock sur leurs propres stratégies d’investissement et de financement d’infrastructures.

BlackRock: taille, stratégie et chiffres clés

BlackRock gère environ 10 000 milliards de dollars d’actifs, ce qui en fait le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec des participations dans des milliers d’entreprises et de fonds immobiliers.

Une partie de ces actifs est canalisée vers l’immobilier via des fonds spécialisés et des véhicules comme les REITs et fonds privés, qui achètent des immeubles résidentiels, des maisons unifamiliales et des parcs locatifs entiers dans les pays développés.

Les marchés ciblés sont principalement les grandes métropoles occidentales où la demande de logement est forte et l’offre contrainte, ce qui assure une hausse tendancielle des loyers et une rentabilité élevée à long terme.

Comment cette stratégie menace les Canadiens et les Occidentaux

En achetant des blocs d’immeubles et, de plus en plus, des ensembles de maisons familiales, les fonds institutionnels comme ceux gérés par BlackRock contribuent à faire monter les prix de l’immobilier, car ils peuvent payer comptant et accepter des rendements plus lents que les ménages individuels financés par hypothèque.​

Cette compétition inégale expulse progressivement les jeunes ménages de la propriété: ils sont battus sur les offres d’achat, puis se retrouvent à louer ces mêmes logements à prix fort, ce qui entame leur capacité d’épargne et les enferme dans un statut de locataires permanents.

Sur le plan social, cette logique concentre la propriété foncière entre les mains de quelques acteurs mondiaux, transformant les villes canadiennes et occidentales en marchés captifs où les habitants financent, via leurs loyers, les dividendes d’investisseurs éloignés et anonymes.

Risques systémiques et « féodalisation » du logement

La concentration de milliers de logements dans les portefeuilles de quelques géants crée un risque systémique: si ces fonds ajustent brutalement leurs stratégies (hausse massive de loyers, ventes groupées, arbitrages rapides), les quartiers entiers peuvent connaître des chocs de prix ou de tensions locatives.

Cette situation s’apparente à une forme de « féodalisation » moderne où l’accès à un besoin vital – se loger – dépend de méga‑propriétaires globaux qui poursuivent avant tout une logique de rendement financier, avec peu de comptes à rendre aux communautés locales.

L’influence de ces acteurs sur les normes (rénovations, expulsions, type de logements construits ou conservés) peut aussi orienter la composition sociale des quartiers, en favorisant les populations les plus solvables et en repoussant les plus vulnérables en périphérie.

Liens et conflits d’intérêts avec le gouvernement du Canada

Au Canada, BlackRock a été invité à jouer un rôle de premier plan dans la réflexion et la promotion de projets d’infrastructures, notamment via le Fonds ou la Banque de l’infrastructure du Canada, où des représentants du gestionnaire ont participé à des réunions de haut niveau avec le gouvernement fédéral.

Ce rapprochement entre Ottawa et BlackRock pose un problème de conflit d’intérêts potentiel: le même acteur qui conseille les autorités sur la meilleure façon d’attirer les capitaux privés est aussi celui qui bénéficie directement d’un cadre réglementaire et fiscal favorable à ses propres investissements, y compris dans l’immobilier.

Quand un gouvernement dépend d’un gestionnaire comme BlackRock pour financer une partie de ses infrastructures ou de ses politiques économiques, il devient beaucoup plus difficile de mettre en place des règles strictes qui limiteraient les acquisitions immobilières massives ou instaureraient une véritable régulation des loyers.

Pourquoi les gouvernements « laissent faire »

Les gouvernements occidentaux, dont le Canada, voient dans ces capitaux privés une solution rapide pour financer logements, infrastructures et transition énergétique sans alourdir immédiatement la dette publique, ce qui les incite à ménager les grands fonds plutôt qu’à les contraindre.

Le lobbying institutionnel et l’entrisme de BlackRock dans les cercles de décision (groupes d’experts, consultations, forums avec les ministres et hauts fonctionnaires) renforcent son image de « partenaire incontournable » plutôt que d’acteur à réguler.

Résultat: alors que les classes moyennes font face à une crise d’accession à la propriété sans précédent, peu de mesures ciblent directement la concentration immobilière par les fonds, et les politiques de logement se focalisent sur l’offre marginale de nouveaux projets plutôt que sur la régulation des grands propriétaires financiers.

Quels garde‑fous et quelles réponses possibles?

Plusieurs pistes sont discutées par des économistes et des juristes: plafonner la part du parc résidentiel pouvant être détenue par des fonds, imposer des taxes spéciales sur les acquisitions massives, ou réserver certains types de logements aux acheteurs occupants plutôt qu’aux investisseurs institutionnels.

Une transparence accrue sur les participations de BlackRock et des autres géants de la gestion d’actifs dans les entreprises stratégiques et le parc immobilier serait un premier pas pour documenter l’ampleur de leur influence et éclairer le débat démocratique.

Enfin, au Canada comme en Europe, une réforme du financement du logement (aide à la propriété des ménages, encadrement plus ferme des loyers dans les zones en tension, renforcement du parc public ou coopératif) est indispensable pour desserrer l’étau de ces stratégies financières sur le droit de se loger décemment.



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Source: https://www.youtube.com/watch?v=ga_we_sOopk
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Claude Gélinas . Administrateur . Éditeur
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